De la Grèce à GARC : Un trajet vers la compréhension de la rage
Nous nous mettons dans la peau de quelqu’un qui a grandi dans un pays sans rage, où les chiens errants sont généralement amicaux et ne sont pas considérés comme une nuisance, pour comprendre comment sa perception évolue au fur et à mesure qu'elle découvre les défis posés par la rage.
Je ne me souviens pas d'une époque de ma vie où je n'avais pas de chiens autour de moi. Depuis l'âge de trois ans, ma famille a toujours eu des chiens - de un à plus de cent à un moment donné (mais c'est une histoire pour un autre jour !). Cette éducation a fait de la compréhension du comportement des chiens et de leur manipulation une seconde nature pour moi, un peu comme si vous parliez votre langue maternelle sans en apprendre consciemment les règles de grammaire
Je me souviens en particulier avoir été surprise par un ami indien qui faisait de la recherche universitaire en Grèce. Une fois, il a regardé un petit chien en laisse qui semblait, - à mon avis -, un peu menaçant, et un chien errant, plus grand, qui venait vers nous en remuant la queue, et le plus petit lui semblait plus amical… heureusement, il choisit de n’en approcher aucun, mais le fait qu’il ne savait manifestement pas interpréter les signes me déconcerte encore aujourd’hui.

J’ai eu la chance de grandir en Grèce, un pays où la vaccination contre la rage est obligatoire et la rage transmise par les chiens a été éliminée, le seul danger présenté par un chien errant, c’est qu’il vous prenne votre sandwich ou qu’il fasse pipi sur la roue de votre voiture. Même les cas de morsures par les chiens errants étaient rares car les chiens sont bien adaptés à la vie en communauté. C’était donc pour moi incompréhensible que des gens dans d’autres régions du monde puissent avoir peur des chiens, ne pas les comprendre, et, par conséquent , les faire souffrir ou même les tuer.
Malgré mon travail professionnel dans le domaine de la protection des animaux au fil des ans, ce n'est que lorsque je suis arrivé au GARC que j'ai pleinement compris : non seulement la rage n'a pas été éliminée, mais elle cause d'immenses souffrances et la mort de personnes et d'animaux, en particulier dans les pays d'Asie et d'Afrique. En m’imaginant dans une telle situation, une vision différente a émergé : si je me rendais à l’école avec ma fille et une meute de chiens venait vers nous, cela pourrait signifier pour nous une menace de mort. Si l’un d’eux était enragé et nous mordait, l’hôpital le plus proche pourrait se trouver à des kilomètres de là (en supposant que nous ayons les moyens de payer le traitement) et, une fois que les symptômes deviennent évidents, la rage n’est plus réversible. Nous souffririons alors une mort lente et atroce, incapables de manger ou de boire, avec de graves manifestations neurologiques
Cela crée immédiatement une situation de “nous ou eux”, dans laquelle nous ferions n’importe quoi pour nous protéger et protéger nos proches. Ceci n’excuse pas, bien sûr, des comportements inhumains, mais place les populations et les animaux dans une situation de conflit très difficile – une situation qui peut être évitée en éliminant la maladie grâce à l’éducation des communautés, à des efforts coordonnés et surtout à la vaccination des chiens.
Pour beaucoup d’entre nous qui vivons dans des pays où la rage canine n’existe pas, cette dure réalité est difficile à imaginer et facile à ignorer parmi le barrage quotidien de mauvaises nouvelles qui nous parviennent. Pourtant, la rage est évitable à 100 % : nous POUVONS l'éliminer - et nous l'avons déjà fait dans de nombreux pays. Aidez-nous à faire en sorte que la rage devienne une zoonose du passé, pour qu’aucun parent n’ait jamais à choisir entre sauver son enfant et faire du mal à un chien.
->Etes-vous dans un pays d’endémie rabique ? Suivez notre Certificat de formateur sur la rage (REC) et notre (nouveau !) Certificat de bien-être des chiens (DWC) pour contribuer à l'éducation et à la sensibilisation.
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Article rédigé par : Kerenza Vlastou, responsable de la communication, GARC.